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Semaine de propagande médiatique à l’école ? C’est parti !

Comme chaque année à l’arrivée du printemps, l’Éducation nationale fait sa grande messe médiatique en forme de propagande pour les médias de grand-chemin. Cette année, l’opération de masse a commencé lundi 22 mars 2021.

La propagande médiatique annuelle est tellement massive que l’OJIM ne manque pas de s’y intéresser chaque année, tant au sujet des organismes chargés de l’opération, comme le CLEMI, outil d’État digne des régimes autoritaires encadrant leur jeunesse, que de la semaine en question. Nous avons ainsi déjà publié une série sur la semaine de la presse à l’école du printemps 2019, en 2020 les établissements scolaires étant fermés l’offensive s’est avérée plus discrète. Les faits propagandistes remarquables de l’édition de 2019 peuvent être lus par exemple ici : Éducation par les médias ou rééducation par les médias ?

La propagande avance en couple

En général, et comme ce fut le cas en 2019, la semaine de la presse à l’école ne vient pas seule. Elle est accompagnée de la semaine de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.

C’est aussi le cas cette année puisque les enseignants de France ont reçu, le 21 mars 2021, un email de cette sorte (formulations diverses selon les académies) :

« Chers collègues,

S’est ouverte aujourd’hui la semaine de de l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme. Nous savons bien que ce n’est pas le travail d’une semaine mais une éducation faite au quotidien, tout au long de l’année, et tout particulièrement en histoire-géo-EMC. De nombreuses ressources sont à votre disposition mais nous attirons votre attention sur un outil qui ouvre au grand public cette semaine, avec un espace destiné aux enseignants et de courtes videos (2–3mn) très utilisables en EMC : Sapio, le campus numérique de la LICRA.

Sapio a pour objectif de développer l’esprit critique de chaque usager, de lui donner aussi des outils numériques pour répondre aux incitations à la haine raciste et antisémite, aux théories du complot, au développement des discours de haine sur internet. Il comprend un espace destiné aux enseignants.

Sapio est articulé autour dune dizaine de parcours thématiques: Antiracisme, Complotisme, Antisémitisme, Mémoire, Racisme, Radicalisation, Discriminations, Laïcité, Négationnisme et Sport.

Ce projet a reçu des soutiens nombreux parmi lesquels ceux de la DILCRAH, du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’innovation, du Ministère chargé des Sports… » 

La presse officielle, tu ingurgiteras mon fils

À cette semaine « anti-discrimination » s’ajoute donc celle de la glorification des médias officiels. Cette année, l’offensive propagandiste s’annonce officiellement ainsi :

« Face à la pandémie, la Semaine de la presse et des médias dans l’École souvre cette année dans un format inédit, 100% adapté au contexte sanitaire et avec une mobilisation sans précédent des acteurs de l’éducation, des médias et du numérique.

Ce sont 20 461 écoles, collèges, lycées, représentant 260 000 enseignants, 4 500 000 élèves ainsi que 1800 médias partenaires impliqués cette année. Avec une augmentation de 1 800 établissements scolaires inscrits pour cette 32e édition, la participation est en hausse pour la 7e année consécutive. Les écoles primaires se sont très fortement mobilisées, avec 7 386 inscriptions, ce qui constitue un taux de participation record dans lhistoire de la Semaine de la presse et des médias dans l’École. » (source: CLEMI).

Massif, l’Ojim vous le disait. L’enjeu est de taille : il y va du contrôle des consciences dès la maternelle.

Au menu :

« S’informer pour comprendre le monde ». C’est le thème de cette année.

Et cela ne rigole pas. Le slogan ? En majuscule dans le dossier de presse :

MOBILISATION GENERALE DU MONDE SCOLAIRE ET DES MEDIAS

Diantre, que se passe-t-il ? La guerre est déclarée ? En tout cas, la semaine s’ouvre sur un « discours d’ouverture » de Blanquer, ministre de l’Éducation nationale (en vidéo) et est placée sous l’égide de quelques personnalités, dont un « grand témoin », Richard Malka, avocat de Charlie hebdo.

TROIS TEMPS FORTS

  1. Dessin de presse et liberté d’expression, mené par le CLEMI et l’association Cartooning for peace. Une webconférence afin d’échanger « autour de l’utilisation pédagogique du dessin de presse et d’aborder les enjeux contemporains liés à la liberté d’expression ». Un thème intéressant et d’’actualité : « Dessine-moi l’Afrique». Il n’est pas douteux que cela pourrait permettre de recenser un peu clairement l’éthnicisation de l’école française.
  2. Citoyenneté numérique en famille. Blanquer et l’Etat s’invitent chez vous : « La Caisse nationale d’allocations familiales et le CLEMI organisent un Facebook live à destination des parents : s’informer sur les réseaux sociaux, une affaire de famille ! »

Le Facebook live est orchestré par Julien Pain, rédacteur en chef de Franceinfo.

  1. Médias scolaires : « L’association des journalistes jeunes, Jets d’encre, et l’observatoire des pratiques de presse lycéenne proposent un évènement en ligne : Proviseurs, comment favoriser la création de médias scolaires dans votre établissement ? »

La semaine de la presse ne dure pas que le temps des cerises

La propagande ne s’arrête ni ne commence au printemps, d’autres « temps forts », la préparent ou la ponctuent.

Par exemple :

Une exposition « Fake news, art, fiction, mensonge », du 4 mai 2021 au 30 janvier 2022, dans les locaux d’EDF à Paris. La présentation officielle : « Lexposition « Fake news, art, fiction, mensonge », présentée du 4 mai 2021 au 30 janvier 2022 à lEspace Fondation EDF à Paris, fait le pari que les artistes peuvent nous aider pour regarder le monde différemment et nous protéger de nos éventuelles dérives…La Fondation groupe EDF, fondation dentreprise et espace dexposition, sest associée au CLEMI et à Réseau Canopé autour dune exposition sur les fake news en soutenant la production dun livret pédagogique et des webinaires daccompagnement destinés aux enseignants… En complément de lexposition, le numéro spécial du magazine Le 1 « Fake News, mensonge et vidéos » interroge le pouvoir de limage à travers les fausses nouvelles en sappuyant sur des œuvres dartistes et dexemples concrets pour enquêter avec pédagogie sur la production des fake news, leur diffusion et leur réception. »

Il y a aussi de très nombreuses activités de mars à mai 2020, auxquelles les établissements scolaires peuvent (doivent ?) inscrire leurs classes et/ou leurs élèves :

« le lien BFM », une rencontre avec Bruce Toussaint ; une intervention du président du CSA ; interventions de journalistes du magazine Sciences humaines ; interventions de journalistes dans les classes ; rencontre avec des journalistes tunisiens et italiens ; atelier « infox ou intox » ; les « fausses nouvelles à l’épreuve des faits » ; « La fabrique du mensonge : fake news sur ordonnance » ; atelier « L’image, quel pouvoir de persuasion ? » ; « décryptage de fake news sur les réseaux sociaux » ; rencontre avec une journaliste exilée politique ; le baromètre des médias de La Croix ; documentaire Les damnés de la Commune ; « Combattre par la presse » ; intervention de Thomas Sotto ; « faire de l’éducation aux médias grâce à un projet collaboratif européen » ; « La désinformation et la science » ; « Comment combattre la désinformation : présentation du robot conversationnel des Décrypteurs de Radio Canada » ; « Théories du complot » 

Les partenaires sont nombreux, clairement identifiés à gauche, tant en ce qui concerne les médias retenus (ElémentsL’OJIM, L’incorrect, Valeurs Actuelles, Présent, TVLibertés, RT… ne sont pas invités) que des associations, comme par exemple « La Chance. Pour la diversité dans les médias ».

Pour qui serait désireux d’en savoir un peu plus sur cette fatidique semaine de défense de la liberté d’expression, les contacts presse sont : Choukri Kouas, Natia Dhal et Aude Mouyananga, joignables par communication@clemi.fr ou directement par téléphone au CLEMI.

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Source
Observatoire du journalisme

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